Salut tout le monde,

je m’appelle Stéphane Debove, j’ai 29 ans, mon parcours universitaire est une prépa BCPST (biologie/géologie) à TOULOUSE (à lire avec l’accent), une licence de biologie à l’École normale supérieure de Paris, un master de sciences cognitives au même endroit, et puis une thèse au même endroit parce tant qu’à être casanier autant l’être jusqu’au bout. Bon la vraie raison de ma thèse à l’ENS c’est que je cherchais une thèse à la croisée de la biologie et de la psychologie, et qu’il y a très peu de labos en France où on peut faire ça ; en plus, une équipe de l’ENS bossait sur ce sujet hyper kiffant qu’est l’évolution de la morale. Donc je signe pour trois ans, et me voilà trois ans plus tard docteur en psychologie évolutionnaire, spécialité « origines évolutionnaires du sens de l’équité chez l’humain » (c’est à dire que j’ai étudié à quoi ça sert d’être équitable du point de vue de la théorie de l’évolution, à quoi ça sert d’être gentil si vous voulez).

Côté vulgarisation, en 2011 je démarre un blog pour faire découvrir les approches évolutionnaires du comportement humain : c’est Homo Fabulus, qui a fait des petits depuis puisque je viens de lancer en 2017 la chaîne Youtube associée : Homo Fabulus la chaîne. Je rejoins le Café des sciences dans la foulée, et observe avec curiosité le phénomène des vidéos de science qui fait ravage sur le web anglophone : je lance en 2012 avec d’autres étudiants la chaîne Draw Me Why, pour faire comme les américains, chaîne qui fera pschiiit, comme le coca américain, entre autres pour cause de thèse chronophage. La chaîne connaîtra quand même son heure de gloire grâce à la vidéo « Science, it’s your thing! » qui remporte un concours organisé par la European Science Foundation pour encourager plus de femmes à choisir des métiers scientifiques. Ce concours gagné sera aussi le point de départ de l’association Wax Science, qui promeut une science sans stéréotypes auprès des jeunes, allez donc voir leur site web qui est bien sympa.

Mon école doctorale pendant ma thèse est hébergée par le CRI, centre de recherche et d’enseignement à Paris, qui fait aussi pas mal de trucs cools, allez donc voir leur site web tant que vous êtes là. C’est déjà le CRI qui avait soutenu Draw me why et c’est au CRI que je trouve une mission de médiation scientifique qui me convienne (pour celles et ceux qui l’ignorent, en plus du travail de recherche pendant une thèse on peut faire de la médiation ou de l’enseignement). Je fais partie de la première fournée des Savanturiers, programme qui vise à faire faire de la recherche aux enfants dès le primaire. Expérience très enrichissante, je fais des expériences avec des CM1-CM2 sur des questions comme « les phasmes aiment-ils le gâteau au chocolat ? », et on aboutit ensemble à une vidéo comme celle-là (l’expérience a aussi fait l’objet d’un documentaire ici ).

À la fin de ma thèse, peu réjoui par les perspectives d’avenir dans la recherche académique, je décide de me mettre plus sérieusement à la vulgarisation, de continuer à faire de la recherche mais comme un hobby, sans être payé et sans être affilié à aucun labo, et de me mettre à mon compte en tant que programmeur/vidéaste/photographe pour gagner ma vie. Je ressuscite Draw Me Why sous la forme de La main baladeuse, chaîne de vulgarisation à base de dessins et de collaborations avec des artistes. Dans un souci de conquérir le monde, je deviens président du Café des sciences, en me donnant comme objectifs principaux d’ouvrir ce collectif aux non-blogueurs et de faire mieux connaître la richesse et la qualité des productions de ses membres. Je m’essaie aussi avec Big Bang Science à la vulgarisation courte et imagée (par opposition à la vulgarisation « de fond », trop souvent synonyme de longue et ennuyeuse) avec Shots of Science, des images et faits scientifiques comme vous en voyez tant passer sur vos réseaux sociaux, sauf que nous, on met les sources 😉 De plus, l’idée à terme est de traduire ces « shots » dans des langues où la vulgarisation scientifique est peu présente (on a commencé avec le breton par exemple).

Enfin, 99% de mon activité pro se faisant devant un ordinateur, j’ai choisi d’être un « néo-nomade », comme on les appelle au JT de TF1. C’est à dire que, au risque de détruire complètement ma réputation de chercheur/vulgarisateur sérieux, je vis dans un van une grande partie de l’année, je me déplace au gré de la météo, des festivals de vulgarisation et des invitations des connaissances, et je travaille le jour dans les cafés et les espaces de coworking dont le plus connu est bien sûr la plage. J’en profite pour remercier la science d’avoir produit la 4G et mes parents de m’avoir produit au moment où la science produisait la 4G.

C’est à peu près tout, vous pouvez me suivre sur twitter si ça vous chante, et hâte de pouvoir discuter de tout ça avec vous cette semaine !

 

Pour revivre la semaine de Stéphane, c’est par ici